Une vie dans les Andes
Pascal Riviale & Christophe Galinon

454 pages
format 12 x 20
ISBN 978-2-84679-220-2

Prix public 25 €

Né à Figeac en 1820, Théodore Ber aurait pu mener une simple et calme vie d'artisan tailleur. Le destin devait en décider autrement.
Après une jeunesse agitée d'apprenti révolutionnaire en 1848 et quelques séjours en Allemagne et en Italie, il ouvre à Paris un magasin que des revers de fortune le forcent à abandonner pour émigrer au Chili en 1860. De mauvaises affaires lui font encore fermer boutique, il s'installe alors au Pérou, puis décide de renoncer au commerce. Il s'improvise alors professeur de français, d'abord dans quelques collèges de Lima puis comme professeur particulier dans les meilleures familles de la capitale. Il quitte tout en 1870 lorsqu'il apprend la chute de l’empire.

Revenu en France, il participe activement aux évènements de la Commune et devient même le secrétaire particulier de Delescluze (ministre de la guerre de la Commune). Ayant fui juste avant l’entrée des troupes versaillaises, il rentre au Pérou où tout le monde le croyait mort fusillé.
Sa réputation de communard lui interdisant désormais d’enseigner les têtes blondes de la bourgeoisie de Lima, il abandonne la carrière et découvre l’archéologie. Le passé Inca et notamment l’organisation sociale de cette prestigieuse civilisation précolombienne ne pouvaient que séduire l’homme de la Commune. C’est ainsi qu’il pratique ses premières fouilles dans les environs de Lima et entame une nouvelle vie, celle pour laquelle il connaîtra plus tard une certaine notoriété, d’ailleurs pas toujours positive auprès des Français.
Ses aventures scientifiques ou prétendues comme telles (à l’époque) continueront ainsi pendant bien des années. Elles le mèneront jusqu’en Bolivie (où il fut l'un des premiers à faire photographier les ruines de Tiahuanaco), puis dans le piémont amazonien dont il décrira la vie quotidienne des colonies nouvellement fondées et peuplées, on s’en doute, de personnages hauts en couleurs.

Malgré des relations difficiles avec le monde scientifique parisien, et probablement soucieux de sa réputation, Ber enverra plusieurs collections archéologiques en France, aujourd’hui abritées en grande partie au Musée du Quai Branly, et rentrera à deux reprises au pays (en 1878 et 1893) afin de participer à des congrès américanistes.
Cependant, un caractère difficile, quelques redoutables inimitiés au Pérou comme en France, et certainement le souvenir ancien mais tenace de son passé communard resteront toujours un obstacle à sa reconnaissance.
C’est à Lima que l’enfant de Figeac finira ses jours, en 1900, pratiquement oublié de la communauté scientifique.

Ce sont toutes ces péripéties que Théodore Ber raconte au fil des pages de son journal intime, miraculeusement conservé aux archives municipales de Figeac : douze volumes truffés de souvenirs, d'anecdotes, de mouvements d'humeur et parfois d’une bonne dose de mauvaise foi que ses querelles personnelles ou scientifiques entretenaient.
De ces archives, ignorées jusqu’alors, ont été privilégiées les pages de sa vie en Amérique du Sud. Sources d’un grand intérêt sur le monde andin de la fin du XIXe siècle, elles nous livrent également l’image de la vie quotidienne d’un émigrant n'ayant pas « froid aux yeux » et ouvert à toutes les opportunités, dès lors qu'elles répondaient aux règles morales (parois assez subjectives) qu'il s'était fixées. Elles permettront à Théodore Ber de vivre intensément ce qui ne fut pas une simple vie d'artisan tailleur...

Cet ouvrage est accompagné d’une présentation et de commentaires rédigés par Christophe Galinon, historien au Service Patrimonial de Figeac et par Pascal Riviale, chercheur travaillant aux Archives nationales de Paris, spécialiste de l’histoire de l’américanisme et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet dont Charles Wiener : Voyage au Pérou et en Bolivie (1875-77) publié aux Editions Ginkgo, 2010


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