Chaque soir, l’ethnologue se retire dans sa hutte. À la lueur de sa lampe à pétrole, il écrit sur un cahier plus grand que le petit carnet noir à la tranche violette qui l’accompagne dans la journée. N’Fassory Bangoura l’observe depuis quelque temps. Pourquoi ne pas écrire sur le projet, sur le quotidien, sur les faits et gestes des blancs, de « leur Blanc » ? …

Le texte de N’Fassory Bangoura, est un document exceptionnel retraçant deux ans de la vie d’un hameau de Guinée, vue par l’un de ses habitants. Leur auteur, nous livre par une étrange et subtile succession de phrases courtes, de véritables poèmes composés de strophes, rythmées, chantées, qui se disent autant qu’elles se lisent.

Il expose ses doutes, ses colères. Il décrit son quotidien, celui de sa famille, des sages, de son village et surtout de « ses Blancs ». Certains jours offrent de petits contes philosophiques, d’autres nous font approcher un monde de famine, d’angoisse, de travail acharné.
Mais les bonheurs journaliers ne sont pas en reste.
Ce sont des événements ténus, des mots prononcés, des gestes dispensés, une amitié gagnée, la reconnaissance des sages, la douceur d’une sauce composée d’huile de palme et de feuilles de manioc.

C’est pour le lecteur un voyage singulier qui permet de voir « une Afrique particulière » éloignée des discours convenus

L’Auteur

Philippe Geslin est professeur associé à l’Institut d’ethnologie de Neuchâtel, en Suisse. C’est lors de sa longue enquête sur les sauniers soussous de Guinée Conakry qu’il devint « l’ethnologue » de N’Fassory Bangoura et son ami. Ce dernier lui confiera son journal, dont le titre fait référence à une vieille légende locale, aujourd’hui traduit et enrichi, à sa demande, d’une préface et d’une étude ethnographique

N’Fassory Bangoura, est un paysan Guinéen, du petit village de Wonkifong, de la province de la Soumbouya, au sud de Conakry. En 1994 et 1995 il est l’informateur de l’ethnologue venu étudier la vie de ces sauniers Soussous, vivant dans les mangroves. Le voyant rédiger ses notes journalières, il décide à son tour d’écrire, de décrire son village, sa mangrove, son travail, sa vie quotidienne, ses soucis et ses joies, et surtout « ses Blancs » qui vivent ici.
Trois carnets rassemblant 193 pages, rédigés en langue soussou, en seront le résultat.


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L’Oiseau qui avait enterré sa mère dans sa tête

AN’Fassory Bangoura & Philippe Geslin

144 pages
format 21,5 x 13
ISBN 978 2 84679 098 7

Prix public 15 €